Ravitaillement du van

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Dans la petite ville de Shelburne, en Nouvelle-Écosse, se trouve un atelier tout aussi petit par la taille mais grand par le savoir-faire.

En effet, c’est ici que l’on fabrique entièrement à la main des bateaux en bois de type “dory”. Apparus dans la deuxième moitié du 18e siècle, ces bateaux étaient avant tout utilisés par les pêcheurs dans leurs activités de pêche à la morue par exemple.

 

 

 


Cette embarcation fait en général 5 à 7 mètres avec pour matériaux de prédilection le bois, notamment le pin pour l’atelier que nous visitons aujourd’hui. 

Au “dory shop museum”, oui “muséum ”, car le très gros atelier de fabrication ouvert en 1880 est aujourd’hui devenu un petit musée avec un atelier au-dessus qui perpétue ce savoir-faire avec une quantité moindre de production qu’à l’époque.

Les 5 Postes de TRAVAIL

L’atelier se compose de 5 postes de travail : 

1- La station de découpe des morceaux de bois pour tout le bateau

2- La station de pose du fond (le sol)

3- La station de fixation de la structure de base, le squelette, au sol du bateau.

 

La structure sur laquelle est posé ce squelette est d’origine et a vu des milliers de bateaux se faire assembler.

4- Le poste de pose des planches d’habillage sur les côtés du bateau.

5-La station pour permettre aux planches de garder la forme du bateau.

Les bateaux peuvent varier de taille et sont ajustables au niveau des bancs et des rames à l’intérieur en fonction du nombre de personnes qui monteront dedans. Un système hyper malin qui permet d’équilibrer les poids selon si vous êtes seul, à deux ou même plus dessus. 

5 à 7 personnes travaillent sur un bateau, pouvant ainsi en produire deux en une journée de 10 h de travail. Cela permet à ce workshop une production annuelle de 300 à 400 bateaux en moyenne. On estime ainsi que depuis 1880 environ 50 000 bateaux seraient sortis de cet endroit.

Une fois mise à l’eau en quelques jours, son poids double, car le bois se gorge d’humidité.

Esthétiquement parlant le Dory se démarque par sa couleur mythique jaune sur la coque et vert sur les bords. Ce duo de couleurs n’a pas été choisi par hasard car la Nouvelle-Écosse est souvent très brumeuse en mer et ces couleurs sont les plus visibles à travers le brouillard. Par ailleurs, la peinture du bateau ne se fait pas dans l’atelier mais à l’extérieur avec une peinture spéciale qui résiste aux outrages de l’océan.

Les bateaux étant si gros, ils ne peuvent passer par le petit escalier qui mène à l’étage du workshop ; ils sont donc hissés par une grande porte fenêtre donnant sur la rue.

Lorsque son possesseur vient le chercher une fois fini, les gens de l’atelier et parfois du village viennent aider à le sortir pour le “dropping the door” : le moment où l’embarcation quitte l’atelier par la grande porte.

Toute cette belle histoire sur la fabrication des bateaux Dory, je la tiens de Brian, un monsieur adorable, passionné, aux airs de marin et à la barbe de père Noël qui m’a fait faire le tour de tout cet endroit chargé d’histoire.

La tradition veut que si l’on fait un petit quelque chose sur un bateau, comme passer un coup de papier ponce, on peut inscrire au crayon son prénom sur la coque avant qu’elle ne soit peinte pour laisser un peu de nous avec lui en mer. C’est ainsi que mon prénom s’est retrouvé sur une embarcation qui vivra sans doute de belles aventures et que je suis repartie avec un clou de l’atelier offert par Brian pour toujours me rappeler de cette rencontre.