Ravitaillement du van

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Chapitre 1 : Le grand départ

Tellement de choses se sont passées en ce mois de juin que j’ai le tournis rien qu’à l’idée de remettre tout ça dans l’ordre et de le poser par écrit !

Cela fait maintenant 3 ans et demi que j’ai pensé pour la première fois mon tour du monde. 

3 ans et demi que je pense, prépare, appréhende et attends ce grand départ. 

Malgré tous les imprévus que nous avons pu traverser ces dernières années comme une pandémie ou encore mon opération du pied qui m’empêchait de sortir de chez moi, je crois que je n’ai jamais autant ressenti l’impatience et l’excitation que pendant ce mois de juin.

Le 30 mai, après plusieurs semaines noyées dans les cartons de déménagement et les petits travaux en tout genre, nous avons rendu les clefs de notre appartement lyonnais. 

Au moment où nous avons signé l’état des lieux et donné la clef, nous étions officiellement devenu « Nomades ». 

Nous n’avions plus d’adresse de résidence et je crois que je n’ai pas bien réalisé sur le moment tellement la fatigue des dernières semaines m’avait envahi. 

Pourtant, cette étape en effraie plus d’un mais je dois dire que nous ne l’avons pas vécu comme une épreuve mais plutôt comme une libération ; nous étions enfin libres de ne plus payer un loyer trop cher, dans une ville trop chère elle aussi et qui ne nous faisait plus vibrer.

Mais ce qui semblait être la fin de quelque chose était finalement le début d’une course effrénée avant la grande aventure.

Il nous a fallu dire au revoir à nos familles, un moment qui, lui, nous rappelle que nous partons loin et pour longtemps. 

Où nous essayons de rassurer tout le monde du mieux que l’on peut sur le fait que nous allons être prudents et que nous les appellerons toutes les semaines. 

Je crois que ça fait partie des premiers vrais moments depuis le début où j’ai eu peur. Peur de quoi ? Je ne sais pas vraiment, mais j’avais peur de laisser ceux que j’aime. Je pense que ça fait de moi quelqu’un de plutôt normal en fait !

Nous avons enchaîné les kilomètres pour passer faire un dernier « coucou » à des amis dans le sud, roulé jusqu’à Bordeaux pour faire les dernières modifications à Baluchon notre van et nous avons rejoint Clisson pour un dernier festival comme on les aime avec nos amis : le HELLFEST (du 15 au 18 juin).

Cette année encore, j’ai travaillé en tant que présentatrice pour la Hellfest TV. 

J’ai pu interviewer des groupes que j’adore, de Slipknot à Electric CallBoy en passant par Behemot ou encore Ho99o9. 

Un parenthèse hors du temps, des jugements et des contraintes.

Et c’est après ces jours de bonheur que nos galères ont commencé sans jamais s’arrêter pendant 72 h.

Le mercredi 21 juin, après avoir nettoyé, vidé et préparé le van pour son transport en mer vers le Canada, nous avons pris la route de Paris pour déposer quelques affaires chez nos amis Raf et Sarah. 

Sur la route, un message inhabituel a fait son apparition sur notre tableau de bord… Et ce message mentionnait le tant redouté « ADblue » (L’AdBlue est une solution liquide spécialement conçue pour les véhicules fonctionnant au gazole pour moins polluer). 

Cela semblait être un bug mais nous avons quand même décidé d’appeler notre garagiste qui nous a dit que nous pourrions rouler sans problème mais “qu’au cas où”, nous pourrions passer à un garage pour qu’il réinitialise le programme.

Steph n’était pas du tout partant pour cette solution car il avait compris que ce n’était pas grand-chose, et surtout que ce détour le ferait arriver à Anvers bien plus tard que prévu. 

De mon côté j’allais devoir repartir à Lyon pour divers papiers et choses à récupérer. Il serait donc seul à faire la route et à déposer Baluchon au port d’Anvers le vendredi 23 .

Dans mon stress j’ai quand même insisté pour qu’il aille voir un garage et autant vous dire que cela a été une grosse erreur qui nous a coûté très cher, en temps comme en argent.

Steph a passé plus de 6h dans 2 garages différents, sorti plus de 300 € et pris la route en pleine nuit jusqu’en Belgique.

Jusque-là, nous pouvions nous dire que c’était un mal pour un bien, le message ne s’affichant plus. 

Mais en plein milieu de son trajet nocturne, un message bien plus alarmant à fait son apparition… « Adblue : dans 400 km le moteur ne pourra plus redémarrer ».

Son GPS lui indiquait 350 km avant d’arriver à bon port ne lui laissant ainsi plus que 50km d’autonomie une fois là-bas pour réaliser toutes les démarches à effectuer avant d’amener le véhicule au bateau. 

Il devait initialement arriver aux alentours de 20h00.

Il arriva à 2h30 du matin le lendemain.

Autant vous dire que quand j’ai ouvert Messenger à 3h du matin et que j’ai vu la photo du tableau de bord prise par Steph, j’ai cru faire une attaque.

Nous étions à 34 heures de poser le véhicule au port et il risquait d’être immobilisé avant d’avoir pu l’atteindre.

Je me suis instantanément dit que je ne pouvais pas céder à la panique et que j’allais devoir trouver une solution par tous les moyens.

Je devais donc trouver un spécialiste en programmation dans les environs ou qui puisse se déplacer tout en prenant en compte l’autonomie restante avant l’arrêt du moteur.

 Il était hors de question que je repasse par un garagiste lambda qui allait encore nous mettre dans la panade et que je perde encore de l’argent.

A force de recherche à 3h du matin dans mon lit  j’en ai trouvé un qui disait sur son site pouvoir se déplacer en Belgique directement sur place. 

J’ai donc écrit un mail expliquant la situation, et le plus désespéré aussi, en espérant de tout mon être avoir une réponse dès que sa boutique ouvrirait.

J’ai continué de recenser les garages à proximité dans l’éventualité où ma demande de base ne fonctionnerait pas.

Après une nuit courte et agitée, à 8 h 55, j’ai reçu une réponse. 

Il me disait de le rappeler car il avait la solution pour moi ! 

Dans les 2 minutes qui suivirent, j’avais composé son numéro.

Il voyait exactement quel était le problème, il avait la solution, et surtout, il était prêt à faire après son travail les 1 h 30 de trajet qui le séparait de Stéphane. 

Après une journée de stress à attendre en espérant qu’il ne nous lâche pas, car pour couronner le tout, il y avait des pluies diluviennes en Belgique qui ont transformé ses 1 h 30 de route en 3h, il est tout de même venu. 

Malgré les contraintes, il a tenu parole et nous a réglé le problème en 30 minutes montre en main.

Cela nous a coûté 500 € mais j’aurais pu lui donner bien plus tellement je voulais que mon véhicule prenne la direction du Canada. 

Je ne sais pas comment un tel miracle a été possible, mais je suis reconnaissante.

Je vous passe l’épisode du lendemain ou nous avons dû abandonner la bouteille de GPL à 400€ au port car cela nous aurait coûté 1100€ de la vider et la nettoyer.

Je vous passe les 3h pour trouver un taxi à Steph depuis ce même endroit pour que finalement il soit contraint de faire presque 4km à pied sous 34 degrés avec son sac à dos chargé pour attendre une demi-heure un bus sans clim qui l’amena après une heure de route dans un lieu suffisamment habité pour qu’il puisse prendre un Uber direction la Gare d’Anvers.

(Stephane rajoute) : Bien que très fatigué car debout depuis 3h du matin, mon chauffeur Sheriff, que je salue au passage s’il tombe sur cet article, fût très agréable et nous eûmes une discussion des plus intéressantes sur la route.

Arrivé à la Gare dont l’architecture ne me laissait pas de marbre, j’avais 2h30 devant moi pour tuer le temps ; Une pinte de bière fût la bienvenue pour évacuer tout le stress accumulé ces 72 dernières heures.

(Je rends l’antenne à Prescilia) : Je réalisais que ma bouteille de GPL n’existait pas au Canada et qu’il me fallait trouver une solution de rechange… Vous avez l’idée !

Nous avons réussi tous les deux à rentrer chez nos amis qui nous accueillent jusqu’à notre départ le 4 juillet. 

Baluchon prendra la mer (on l’espère) le 29 juin prochain.

EDIT 30/06/23 : Baluchon vogue sur les flots à l’heure actuelle !

Il nous reste encore quelques « épreuves », comme prendre l’avion avec notre chien, être sûr que tout est en règle, faire le premier live du tour du monde, le lancement de ce site et récupérer notre van sans encombre.

Nous croisons les doigts mais le plus dur se trouve certainement derrière nous. Du moins nous l’espérons.

Je suis un mélange d’excitation et de peur qui va laisser place à plein de belles choses. 

Au moment où vous lirez ce premier carnet de voyage, j’aurai déjà les réponses à presque toutes ces questions, car aujourd’hui, j’écris depuis le bureau de mon amie en France. 

Dans une semaine, nous décollerons et ce sera enfin le grand départ.

 

Trinity le 26 juin 2023